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Mon 1er accouchement

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1 Mon 1er accouchement le Ven 20 Aoû - 16:42

Alison

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Super actif sur le forum
Attention, c'est long!! Je copie colle depuis mes carnets de grossesse, avec quelques ajouts...

Dés le samedi, j'ai commencé à ressentir des contractions plus fortes et régulières que d'habitude (j'ai ressenti des contractions dés le 5ème mois, et très régulièrement, j'ai fini ma grossesse couchée). J'ai relativement mal dormi. Le dimanche, j'ai donc décidé de faire une nouvelle séance de sophro puis une sieste. Mais impossible de dormir. J'ai commencé à regarder l'heure à 16h et je me suis rendue compte que je contractais toutes les dix minutes. J'ai prévenu le Papa à son retour car il devait repartir sur l'extérieur. Il a préféré rester à mes côtés. J'ai commencé à accompagner chaque contraction en respirant bien, en visualisant l'ouverture du col. L'intensité des contractions montait, mais leur fréquence ne diminuait pas. J'ai varié mes positions, sur le ballon, sur le coussin, à quatre pattes (mauvaise idée), en appui sur les murs, le canapé (le sèche-linge, une table, un placard...). Papa a commencé à chronométrer, mais nous n'en étions qu'à une contraction toutes les sept ou huit minutes. Vers 22h, nous avons décidé d'aller à la maternité tout de même. Résultat: un col dilaté à un... La sage-femme nous a renvoyés chez nous en me conseillant du spasfon qui arrêterait ces « fausses » contractions, un bon bain chaud et une bonne nuit de sommeil. Onze heures, quatre spasfons, deux bains chauds et une nuit blanche plus tard, les contractions étaient toujours à la même fréquence et à la même intensité... J'étais épuisée... J'en voulais au Papa de s'endormir et de ronfler entre les contractions alors que j'aurais aimé qu'il me masse. J'en voulais à la sage-femme et à son « faux » travail si réel. J'en voulais au chat qui miaulait derrière la porte. A ma belle-mère qui me demandait si je prendrais bien un steack ce midi... J'en voulais à l'haptonomie, la sophrologie, l'homéopathie et je commençais à ne plus rien gérer. Je demandais donc au futur Papa de retourner à la maternité. Il devait être 9h30. La première sage-femme m'avait trouvée trop souriante pour être en train d'accoucher. Oui je sais sourire même quand j'ai mal (entre deux contractions!). Alors j'ai tenté d'afficher la pire expression possible de souffrance en expliquant la situation à la sage-femme de cette garde. Examen... Allelujah! Dilatation à trois! « Vous êtes en travail Madame, nous allons pouvoir passer en salle de naissance ».
Le Papa est arrivé, il avait du garer la voiture au fin fond du parking. Il présente le projet de naissance à E. la sage-femme, qui mènera l'accouchement de bout en bout. « Je souhaite que l'on me propose la péridurale mais je préférerais que l'on m'aide à gérer la douleur de façon naturelle ». Je VEUX la péridurale! L'anesthésiste est donc appelé, il plaisante, je souris et plaisante (il faut vraiment que j'arrête de sourire quand j'ai mal). Il me fait une première piqure et m'informe que je ne sentirai plus rien. Oh douleur, le fou! Il va me paralyser! Pourquoi ai-je donné mon accord? Première douleur anormale... Qui finit par s'estomper... Nous prenons nos marques dans la pièce. Le futur Papa sort le brumisateur, les huiles essentielles... Je reprends mes esprits, me relaxe, visualise... Je peux doser moi-même la péridurale. Je choisis donc de ressentir, de rester mobile autant que je le peux vu mes douleurs, simplement d'atténuer. Seulement la douleur, insidieuse, se déplace dans le dos... Je varie les positions sur les conseils d'E.: avec un ballon, un coussin, sur la table en version assise, version semi couchée (la table peut prendre toutes les positions possibles)... Rien n'y fait. Elle pense un temps que ma vessie trop pleine crée ces douleurs. Encore un coup au PdN, je ne sais pas faire seule, elle utilise une sonde... Elle étudie ensuite la position du bébé, mais elle est très bien positionnée, à gauche, la tête dans l'axe, basse et active. L'anesthésiste est rappelé. Sceptique. Je vais m'évanouir, j'alterne des « oh putain » « oh pardon » (ce n'est pas mon langage habituel!). Il tente un produit, qui enfin me soulage. Mais je ne sens plus le bas de mon corps... Et je tremble comme une feuille... J'ai la nausée aussi, le jus d'orange du matin repasse... En attendant, le col n'est dilaté qu'à quatre... E. nous présente les différentes options: laisser faire le bébé pour qu'elle fasse céder le col, rompre la poche des eaux, perfusion de synto. En sachant que si une troisième heure passe sans progression, on se dirige vers la césarienne... Nous choisissons donc de laisser faire le bébé. Mais le col n'évolue pas... Nous optons alors pour la perfusion. La dilatation s'accélère enfin. E. contrôle toutes les heures, la progression est régulière, de l'ordre d'un centimètre par heure. Me voilà plus sereine. J'alterne entre micro sommeils (comme le Papa d'ailleurs, qui après m'avoir accompagnée, massée, encouragée, tombe de fatigue) et accompagnement de la progression du col et du bébé. Proche de la dilatation complète, je commence à ressentir davantage. Je dose pour ajuster au mieux, ressentir un peu devant, mais surtout pas dans le dos. E. attend la poussée spontanée, qui n'arrivera jamais... Elle va donc me diriger.
Encore une fois, elle me propose différentes positions. Je choisis la version De Gasquet de la position gynéco, je n'ai pas la force de me mettre sur le côté et de pousser en continu. Elle me fait faire un essai. J'improvise, car j'ai appris à respirer pour accompagner la poussée naturelle, pas à pousser... Ca fait rire le futur Papa! Apparemment cela fera l'affaire; elle réajustera tout de même en cours d'expulsion. La salle se remplit pour la première fois: deux sage-femmes, une auxiliaire, et un médecin qui surveille de loin. Légèrement anxiogène... E. s'équipe. Elle me dirige, je pousse, je donne tout, j'en vois des étoiles... Le futur Papa m'encourage, je ne le crois qu'à moitié quand il me dit que ça avance bien, mais ça me fait du bien. Au bout d'une demi-heure, la deuxième sage-femme se tient à mon autre épaule et m'encourage. Elle finit aussi par couper le son des appareils qui surveillent mes paramètres tant ils sonnent. Je ne l'aurais pas remarqué si elle ne l'avait pas dit, je ne suis concentrée que sur un seul but, sortir mon bébé seule. Je crie, je pousse de plus en plus fort. Dans un magnifique « blop », la poche des eaux éclate au visage d'E. Le bébé descend, mais elle fatigue. Je pousse encore et encore, je la mettrai au monde, pas de forceps ni de ventouse. D'un coup E. me demande d'arrêter. La tête est sortie! Je l'avais sentie du bout des doigts quelques instants plus tôt, ce qui m'avait surmotivée. Maintenant les épaules, petite poussée, stop!
E. dégage le bébé, ma Lily-Anne, qui crie et frétille. Elle me demande si je veux l'amener à moi... Oui, mais le Papa est sur ma perfusion, focalisé sur Lily-Anne, il ne m'entend pas! Alors elle la pose sur mon ventre, l'essuie un peu et lui couvre le dos. Elle me regarde de ses grands yeux noirs, le front tout plissé, elle s'agite vers moi. Je verse quelques larmes, elle est si belle... Le Papa aussi a les larmes aux yeux, il m'embrasse, n'arrête pas de me féliciter. J'ai la tête qui tourne, tout me semble si surréaliste. La Cahouèt dans mon bidon depuis neuf mois est là! Je veux la prendre dans mes bras mais les sages-femmes m'en empêchent, le cordon n'est pas assez long. Qu'est-ce qu'elle glisse, j'ai peur qu'elle ne tombe. Le cordon cesse de battre; Le futur Papa, qui avait hésité pendant la grossesse, le coupe. Je peux enfin la voir de plus près. Elle cherche mon sein, mais elle bulle, elle râle. Je ne le saurai que plus tard, elle ne rosit pas assez. L'équipe doit l'aspirer. Le futur Papa les accompagne, je me sens seule et impuissante. Ils sont juste à côté, mais je ne les vois pas. J'entends Lily-Anne se remettre à pleurer, je suis sûre que le Papa la tient. Enfin je les aperçois, pour la pesée et la mesure. Elle fait son premier pipi sur la balance. Le Papa aide pour la couche, où elle laisse son premier caca. Il lui donne aussi la vitamine K, qu'elle avale goûlument.
Les voilà qui reviennent me voir. Je réalise seulement qu'il y a un soucis de mon côté. Le placenta ne vient pas, malgré mes poussées. J'accepte à nouveau le synto, mais il ne se détache pas davantage. La demi-heure protocolaire est bien dépassée. La salle s'est remplie: trois sages-femmes, deux auxiliaires, une troisième blouse blanche non identifiée, le médecin, une interne, l'air soucieux. Il va falloir procéder à une révision utérine car je perds trop de sang. « Légèrement désagréable » m'avertit-on. J'accepte, je n'ai qu'une hâte, reprendre mon bébé qui attend avec son Papa et l'observe, les yeux grands ouverts, sereine. Et je me rends compte qu'E. aime les euphémismes... Malgré la péri, j'ai l'impression qu'on m'arrache les entrailles, et pas d'un coup comme on enlèverait un sparadrap, longuement, méticuleusement... J'essaye de respirer comme l'indique le docteur, mais je crie, je pleure, je commence à avoir mal à la tête et la nausée, à voir des étoiles, je demande qu'ils arrêtent, si je m'évanouis, je ne pourrai pas m'occuper de Lily-Anne. Petite pause et reprise des hostilités. Le placenta est enfin vaincu, je suis a priori sortie d'affaire. Moi qui souhaitais voir cet organe qui avait alimenté bébé pendant des mois, je voudrais le balancer par la fenêtre.
Bébé enfin! Non Madame, il faut recoudre maintenant... Heureusement, une déchirure simple, quelques points internes, un point externe. Le périnée est bien abîmé mais il a tenu. J'ai l'impression qu'E. met des heures à me recoudre.
Enfin, plus d'une heure après la naissance, le Papa peut approcher avec Lily-Anne. Il me répète sa fierté, son admiration, qu'est-ce que cela fait du bien. La chaleur du bébé me réconforte. Elle a toujours les yeux grands ouverts. Elle prend appui sur ses bras et rampe avidement vers mon sein. Une auxiliaire s'avance et la met d'office bien en position, alors que je pense qu'elle y arrivait doucement, je suis un peu frustrée. Nous sommes enfin seuls, le Papa et moi, et Lily-Anne, qui tète goulument. Elle finit par s'endormir. Elle a l'air heureuse. Le Papa a les yeux qui brillent. Je me sens envahie par un amour d'une telle intensité
drunken

http://www.alison-fraser.com

2 Re: Mon 1er accouchement le Ven 20 Aoû - 17:42

Farine

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Super actif sur le forum
Bonjour Alison,

Quelle aventure !! Sincèrement, merci de nous faire partager cette émotion et ce moment unique !

Bon week end à toi,
Farine

3 Re: Mon 1er accouchement le Ven 20 Aoû - 18:09

jackotte

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Correspondant local
que c est emouvant .... merci pour ce partage...

4 Re: Mon 1er accouchement le Ven 20 Aoû - 19:44

Alison

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Super actif sur le forum
Merci de m'avoir lue sunny C'est intense de relire ces moments... Bon week end aussi Farine!

http://www.alison-fraser.com

5 Re: Mon 1er accouchement le Dim 22 Aoû - 12:40

anneso


Super actif sur le forum
bonjour, merci d'avoir pris le temps de poster ce message et de partager avec nous ce moment c'est tres émouvant ...
anneso

6 Re: Mon 1er accouchement le Ven 23 Mar - 23:21

G6K

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Actif sur le forum
C'est beau ...

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